Actualités - Assemblée générale de notre asbl et week-end découverte à Liège et à Verviers

Publié le 13 juin 2017

Par Jacques Crul, Secrétaire

Le samedi 13 mai, notre asbl a tenu son Assemblée générale dans les locaux du Musée des Transports en commun de Wallonie, rue Richard Heintz 7 à 4020 Liège www.musee-transports.be 

33 membres sur les 62 que compte aujourd’hui notre asbl étant présents ou représentés. On notait également la participation de Mr Freddy JORIS, Administrateur général de l’Institut du Patrimoine Wallon (IPW), de Monsieur Serge LOUREAU, Directeur du Musée des Transports en Commun de Wallonie (MTCW), de Madame Carole DEPASSE, coordinatrice de la revue annuelle dont le n° 7 a été remis aux membres ce même jour, et de Monsieur Bruno GUIDOLIN, bibliothécaire et webmaster de l’asbl.

Outre les comptes, budgets, rapport d’activités et autres formalités inhérentes à ce type de réunion, la rencontre a permis de présenter deux projets dans lesquels l’asbl compte s’investir dans un futur proche.

Il s’agit d’une part de l’actualisation, de l’élargissement et de la mise en ligne de l’inventaire du patrimoine industriel wallon. Le dernier inventaire date de 1995 et force est de constater qu’il n’est plus à jour compte tenu des nombreuses modifications ou démolitions pures et simples intervenues depuis lors. Le souhait est également de l’élargir à la période 1650-1960, alors que le premier inventaire débutait en 1750 et se terminait en 1940, et d’y inclure le patrimoine mobilier lourd (machines, produits manufacturés).

Des contacts étroits sont en cours avec l’Administration du Patrimoine (DG04) pour élaborer une fiche d’inventaire similaire avec ce qui est déjà mis en ligne actuellement pour le patrimoine monumental immobilier (http://spw.wallonie.be/dgo4/site_ipic/index.php/search/index)

Le deuxième projet porte sur une numérisation et une collecte de mémoire concernant des sites majeurs menacés. Ce travail se ferait en collaboration étroite avec l’asbl METAMORPHOSIS, qui vient déjà de réaliser deux projets marquants concernant le charbonnage de Cheratte et le Solvent belge à Verviers. La première réalisation à venir porterait sur le haut-fourneau 4 de Carsid à Marcinelle. Inter-environnement Charleroi serait également partenaire. L’asbl METAMORPHOSIS réaliserait une publication, à laquelle les deux autres partenaires apporteraient une contribution, et une mise en ligne sur internet.

L’objectif de PIWB est d’arriver, lorsque les moyens le permettront, à une numérisation du site de façon à pouvoir expliquer le processus de production, en y incluant la mémoire orale.

Ces deux projets attendent le feu vert et le subventionnement du Ministre Wallon du Patrimoine Maxime PREVOT pour pouvoir être mis sur rails.

Un travail d’actualisation de l’inventaire est également en cours à Bruxelles, auquel participent plusieurs membres de notre asbl via BruxellesFabriques. A Bruxelles, l’inventaire de terrain est réalisé par l’Administration du Patrimoine. Le rôle de BruxellesFabriques constitue à contextualiser les différents sites de façon à éclairer les décideurs sur leur valeur patrimoniale d’un point de vue historique, l’aspect architectural étant confié à des spécialistes en la matière.

Après l’Assemblée générale, la nouvelle revue annuelle, portant sur le patrimoine des transports en commun et ferroviaire, a été présentée à la presse en présence de Monsieur Julien MESTREZ, Président des Editions de la Province de Liège et de Madame Primaëlle VERTENOEIL, responsable éditoriale, qui éditent et diffusent notre revue pour la deuxième année consécutive.

Conférence de presse avec (de g. à d.) : Jean-Louis Delaet, Philippe Bodeux, 
Serge Loureau, Primaëlle Vertenoeil, Julien Mestrez et Barbara Witkowska.

Conférence de presse - Jean-Louis Delaet, Philippe Bodeux et Serge Loureau.

 

Après un petit repas organisé avec bienveillance et compétence par Madame Annick DESDEMOUSTIER, responsable accueil du musée, les membres présents ont pu bénéficier d’une visite guidée des collections du M.T.C.W. et de l’exposition temporaire Citécyclo, où ils furent rejoints par d’autres participants à l’après-midi de découverte.

 

Découverte du Quartier Saint-Léonard de Liège

Les participants à cette après-midi, parmi lesquels on comptait, outre les membres, Monsieur Joaquin DE SANTOS, de BruxellesFabriques, Madame Noémie DROUGUET, du Séminaire de Muséologie de l’ULg, et Monsieur Philippe BODEUX, journaliste au Soir, avaient rendez-vous au MTCW.

Un bus historique DAF 72 datant de 1975 de la STIV (Société des Transports Intercommunaux Verviétois) nous attendait pour nous conduire sous les commentaires éclairés de Madame Florence LORIAUX, animatrice au CARHOP et administratrice de PIWB, vers le quartier de Vivegnis et plus particulièrement les anciens bureaux administratifs du charbonnage du même nom reconvertis en espace d’art contemporain (www.espace251nord.tumblr.com). Nous y fûmes aimablement accueillis par le propriétaire et directeur des lieux, Monsieur Laurent JACOB, qui en fit la visite guidée, en portant l’attention sur le respect patrimonial apporté à leur reconversion, en ce compris le logement occupé par notre hôte du jour.

Saint-Léonard - Accueil de notre groupe par Laurent Jacob.

Il nous emmena ensuite au sommet de l’ancienne brasserie HAACHT, dont la reconversion est malheureusement peu respectueuse du bâtiment originel et de sa fonctionnalité, mais d’où nous avons pu avoir une vue large sur le quartier et sur sa structuration par rapport à la colline avoisinante, au chemin de fer (ligne 34 Liège-Liers- Hasselt) et aux charbonnages qui se succédaient au fur et à mesure qu’on s’éloignait du centre de Liège. Le rôle de la gare de Vivegnis, aujourd’hui disparue, dans l’accueil des migrants italiens après la deuxième guerre mondiale, fut également souligné.

L'ancienne brasserie Haacht.

 

La visite se poursuivit par une découverte de l’ancienne salle de cinéma La Comète, qui ne constitue certes pas du patrimoine industriel au sens propre, sauf qu’elle a également été au cours de son histoire une usine et une fabrique de vélos, et dont le projet de sauvegarde mérite l’attention et le soutien, puis par un passage Place Vivegnis devant le bâtiment Art Déco de l’Union Coopérative, monument classé.

L'ancien cinéma "La comète".

L'Union coopérative.

 

Madame Florence LORIAUX nous parla ensuite de deux occupants majeurs dans la structuration du quartier, la linière Saint-Léonard reconvertie en hôtel, puis la Vieille Montagne, dont il ne reste que la toponymie  comme vestiges, et enfin du rôle des ateliers d’armurerie, notamment l’armurerie Clément, rue Chéri, et la cité des armuriers dont on peut déplorer la lente mais certaine mutation en totale contradiction avec une gestion patrimoniale responsable. Après une rencontre impromptue avec le Professeur Robert HALLEUX, la balade se termina à Coronmeuse, à l’emplacement de l’ancien port de marchandises où notre bus « vert » nous attendait pour nous ramener à notre point de départ.

La cité des armuriers.

 

Visite de Verviers

Après une nuit réparatrice pour certains, plus animée pour d’autres, nous nous sommes retrouvés le dimanche matin à l’usine du Solvent belge, rue de Limbourg 145, où nous attendaient Monsieur Freddy JORIS, Madame Marie-Paule DEBLANC-MAGNEE, Conservateur des musées de Verviers, Madame Catherine BAUWENS, Archéologue SPW-DGO4, Jean-François POTELLE, Archiviste de la Ville de Verviers, et notre guide des lieux, Monsieur Marc PIERRE, ancien ingénieur textile, qui consacre avec d’autres bénévoles une bonne partie de son temps libre à restaurer, à remettre en état de marche et à présenter dans ce qu’on pourrait appeler un « pré-musée », nombre d’anciennes machines textiles verviétoises dont la liste des marques représente à elle seule tout un pan de notre histoire industrielle.

Le Solvent belge à Verviers.

Catherine Bauwens, Jean-François Potelle, Freddy Joris, Marie-Paule Deblanc-Magnée, Thomas Lambiet 
et Jean-Louis Delaet.

Le Solvent belge est une usine textile toujours en activité, connue aujourd’hui sous le nom de TRAITEX, et dont la spécialité est le traitement de la laine provenant essentiellement d’Australie.

La partie ancienne de l’usine comprend notamment un hall de stockage des laines, qui fut loué en 2002 par la ville de Verviers pour y stocker les anciennes machines textiles dont la Ville est propriétaire et qui n’avaient pu trouver place dans les musées communaux ou au Centre Touristique de la Laine et de la Mode créé dans l’ancienne manufacture DETHIER (www.aqualaine.be).

Freddy Joris, Marc Pierre et Patrick Viaene.

 

Notre Président au travail.

Marc Pierre guide ses visiteurs.

Le bail de location étant arrivé à terme en 2017, et le propriétaire souhaitant vendre les bâtiments, un accord a été trouvé entre la Ville et l’Institut du Patrimoine Wallon pour acquérir, outre la partie qui avait fait l’objet d’un bail de location, le rez-de-chaussée du hall de stockage, des anciens bureaux et le bâtiment où fut mis au point à partir de 1899 un procédé de traitement des laines à base de dissolvants (procédé américain inventé par Emile MAERTENS). Ce bâtiment contient toujours les machines de traitement originelles (appareils à solventer, ventilateurs, pompes), mues par cinq machines à vapeur, dont le hall des chaudières n’est malheureusement pas inclus dans le périmètre acquis, pas plus que la cheminée en briques de Welkenraedt et les bâtiments adjacents destinés au séchage des laines, qui devraient être démolis.

Les cuves de solventage originelles sont toujours en place !

 

Si la démolition des espaces de séchage paraît difficilement éluctable, l’acquisition du bâtiment abritant les chaudières et la cheminée mériteraient un lobbying ou une mobilisation sous forme de crowdfunding ou autre, pour que le projet conserve sa cohérence.

Les chaudières.

La cheminée.

Le rez-de-chaussée du hall de stockage devrait accueillir la collection de machines d’imprimerie rassemblées par MM. Casterman (Tournai) qui n’ont pu être mises en valeur dans leur région d’origine, et les anciens bureaux devraient permettre le stockage des moules du Val Saint-Lambert, obtenus par la Sogepa lors de la reprises Cristalleries par la Région wallonne en 1995, si aucune solution pérenne de stockage n’est trouvée à Seraing.
La visite guidée de l’espace réservé aux machines textiles a permis de mettre en exergue, outre la richesse et la collection proprement dite, la mémoire technique conservée à propos du fonctionnement de ces machines, avec tout ce qu’elle comporte comme richesses, mais également comme fragilité.

Un enregistrement précis et fouillé des porteurs de cette mémoire s’avère indispensable de façon rapide si on veut éviter que tout ce travail de sauvegarde soit réduit à néant faute de connaissance suffisante de son importance et de son fonctionnement.

Les participants se sont ensuite retrouvés à l’ancien entrepôt des douanes de la Gare de l’Ouest, devenu aujourd’hui l’hôtel Verviers, pour un repas convivial qui a permis de découvrir ce qui a été fait de ce lieu, dont on n’a finalement conservé que les façades. Il constitue néanmoins un marqueur important dans le paysage, qui mériterait un rappel historique sous forme de panneau(x) ou autre totem(s), tant il a eu une importance marquante dans la vie industrielle verviétoise.

L'ancienne gare de l'Ouest réaffectée en hôtel.

 

L’après-midi fut consacrée à une découverte pédestre des bords de la Vesdre, sous la conduite d’un autre guide, Monsieur Thomas LAMBIET, historien amoureux de sa ville.

PIWB à Verviers sous la guidance de Thomas Lambiet.

La visite a permis de découvrir d’une part comment et pourquoi l’industrie textile de Verviers était partagée entre deux pôles : le pôle est, représenté notamment par les familles SIMONIS et DE BIOLLEY, et le pôle ouest, représenté entre autres par les familles DETHIER, BOUCHOMS et HAUZEUR-GERARD.

Vue de Hodimont, le long de la Vesdre.


La balade a également permis de comprendre l’évolution des rives de la Vesdre et l’absurdité du projet de centre commercial toujours d’actualité du côté ouest du centre-ville, projet qui déstructure complètement cette partie de la ville, dont la rénovation des bâtiments aurait permis de conserver la lecture historique et paysagère.

Le quartier Spintay.

La balade s’est terminée à la cité des Grandes Rames, une des premières cités ouvrières d’Europe dont le guide ne manqua pas de souligner l’aspect économique et finalement très peu social qui guidait son fonctionnement au XIXème siècle.

Anne Debroux, Claude Depauw, Jacques Crul, Patrick Viaene et Dominique Zenner.

Merci à tous ceux qui ont permis la réalisation de ce très beau week-end et notamment Monsieur Serge LOUREAU, Madame Annick DESDEMOUSTIER et Monsieur Olivier JORTAY (Guide) pour le MTCW, Madame Florence LORIAUX et Monsieur Laurent JACOB, pour la découverte du Quartier Saint-Léonard, Monsieur Freddy JORIS, Mesdames Marie-Paule DEBLANC-MAGNEE et Catherine BAUWENS, et Messieurs Jean-François POTELLE, Marc PIERRE et Thomas LAMBIET pour la découverte de Verviers.

Et merci à tous les participants pour leur enthousiasme, leur bonne humeur et leurs apports en termes de connaissances dans leurs domaines spécifiques.

Nous espérons pouvoir rapidement renouveler cette expérience en un autre lieu de Wallonie ou à Bruxelles !