Actualités - Marcinelle : Le dernier haut fourneau ne doit pas disparaître !

Publié le 1 juillet 2015
ACTE 3 - Mise à jour de juillet 2015 
Charleroi : Le haut fourneau 4 n’est pas encore sauvé, mais nous avançons dans le bon sens ! 

Dans la foulée de l’action citoyenne de sensibilisation à la préservation du haut fourneau 4, la commission mise sur pied par la Ville de Charleroi  a travaillé dur pour finaliser le rapport qu’elle devait remettre au Collège des Bourgmestre et Echevins.  Celui-ci s’est montré favorable aux conclusions du dit rapport et a mandaté les membres de la commission pour effectuer des études complémentaires, à propos des éléments périphériques incontournables au haut fourneau, ainsi que d’autres édifices ou machines jugés intéressants au niveau patrimonial.

Le rapport a été présenté aux membres de la Commission Consultative d’aménagement du territoire qui l’a également accueilli favorablement. Il a ensuite été présenté aux responsables de Duferco Développement, en charge du site de Carsid. Il semble bien que Duferco prenne en compte la volonté de préserver le HF 4. Reste que la firme entend bien valoriser certains éléments de l’édifice en les revendant au plus offrant. Toutefois, elle se dit consciente que l’enlèvement de plusieurs pièces importantes risque de porter atteinte à l’intégrité de l’ensemble et pourrait en négocier le prix avec les pouvoirs publics pour que ces éléments ne soient pas démontés.

Le montant de la somme n’est pas encore fixé, mais on sait déjà qu’il sera difficile, en ces temps de disette budgétaire, d’affecter des fonds important pour ce patrimoine. Il faudra donc tenter de négocier ! La Ville de Charleroi propose de geler la situation, attendu que Duferco est occupé ailleurs, au démantèlement de la cokerie et que ce chantier prendra sans doute plusieurs années. De quoi donner un peu plus de temps à la recherche d’une solution…

Le comité citoyen, quant à lui, se veut coopérant, mais vigilant. Raison pour laquelle il se réserve le droit, dans un proche avenir, de déposer une demande d’inscription du haut fourneau 4 sur la Liste de sauvegarde du patrimoine wallon, ce qui préserverait l’installation durant un an.

En ligne : Lettre ouverte de l’Asbl « Le Bois du Cazier » pour la sauvegarde de l’intégrité du HF4.


ACTE 2 - Mise à jour de mai 2014, par Gilles Durvaux

Marcinelle : la chronique de Gilles Durvaux : va t-on sauver le haut-fourneau 4 ?

Les membres du Groupement citoyen pour la sauvegarde du haut-fourneau 4 de Marcinelle poursuivent sans relâche leurs démarches de sauvegarde de ce vestige symbolique de notre industrie lourde. Actuellement, la tâche est plus un travail de fond, qui, s'il est moins médiatique et émotionnel, n'en est pas moins essentiel : il s'agit de constituer, dans les délais les plus brefs, un dossier de conservation le plus pertinent possible. Ce dossier sera transmis aux autorités compétentes. Objectif : inscrire le haut- fourneau 4 sur la liste des édifices à classer.

Pour cette démarche, le Groupement citoyen peut compter sur le concours d’anciens ingénieurs de Cockerill Sambre et de Carsid. Une autre tâche est de faire circuler la pétition "papier" qui accompagnera le dossier de préservation. A ce jour, le chiffre de 4000 signatures est en passe d'être atteint !  Si sauvetage il y a, encore faut-il savoir que faire avec ce patrimoine. Raison pour laquelle une visite du site U4 à Uckange (Moselle) a été organisée tout récemment. Les nombreux renseignements recueillis sur place, notamment quant aux coûts financiers induits par ce genre de réhabilitation, permettront d'apporter plus d'arguments lorsqu'il s'agira de convaincre le monde politique.

D'autre part, plusieurs membres du Groupement citoyen participent activement aux travaux de la Commission "Patrimoine industriel" organisée par la Ville de Charleroi. Deux visites des installations ont déjà été organisées. Au cours de ces visites, les membres de la Commission ont pu rencontrer les responsables de l'entreprise Duferco, propriétaire du site. Des divergences profondes sont apparues sur l'utilité de conserver le haut-fourneau et d'autres vestiges. Nous savons qu'il faudra encore et encore lutter pour que le sauvetage du haut- fourneau devienne une réalité ! 

http://www.petitions24.net/signatures/sauvons_le_haut_fourneau_4_de_charleroi/


ACTE 1 - Publié en mars 2014

A l’automne dernier, les autorités de la ville de Charleroi, la Région wallonne et l’entreprise Duferco ont présenté un vaste projet d’assainissement et de reconversion des installations de l’entreprise sidérurgique Carsid, à l’arrêt depuis le 11 novembre 2008. Au total, ce sont plus de 100 hectares qui sont concernés par cette opération. Sitôt le projet dévoilé, les amoureux du patrimoine industriel de Charleroi et de nombreux anciens travailleurs se sont émus de la disparition à venir de la totalité des vestiges de la sidérurgie à chaud carolorégienne. Et, parmi ces vestiges, le haut fourneau 4 de Marcinelle, dernier du genre dans une région qui n’en comptait pas moins de vingt en 1970.

Très rapidement un comité citoyen s’est créé à l’initiative de Jean-Louis Delaet, président de Patrimoine Industriel Wallonie Bruxelles et directeur du Bois du Cazier, de Gilles Durvaux, administrateur de Patrimoine Industriel Wallonie Bruxelles et de Luigi Spagnuolo, ancien sidérurgiste et ancien président de la délégation syndicale CGSLB de l’entreprise Carsid. Lors de la première réunion, qui a eu lieu le 13 janvier dernier, plus de 80 personnes avaient rejoint le Bois du Cazier pour écouter les trois fondateurs du comité. Ces derniers ont présenté l’ébauche d’un projet alternatif, dont la priorité absolue est le sauvetage, la conservation et la mise en valeur du haut fourneau 4, en s’inspirant de ce qui a déjà été réalisé dans d’autres lieux, tels que Uckange en France, Esch Belval au Grand Duché du Luxembourg ou encore plusieurs sites sidérurgiques de la Ruhr et de la Sarre en Allemagne, où les autorités locales n’ont pas hésité à conserver plusieurs hauts fourneaux qui font aujourd’hui l’orgueil de leurs  régions.

L’argument principal du nouveau comité, appelé entretemps Groupement citoyen pour la conservation du Haut Fourneau 4 et des vestiges de la sidérurgie carolorégienne, dont Gilles Durvaux a pris la présidence, est qu’il est inconcevable de dissocier la région de Charleroi de sa dimension industrielle qui l’a rendue jadis prospère et l’a marquée de son empreinte aux niveaux paysager, culturel et identitaire. Dès lors, il est impératif que des vestiges aussi significatifs demeurent afin de conserver la mémoire du passé et des dizaines de milliers de travailleurs qui ont œuvré ou œuvrent encore dans cette industrie. De même, on peut considérer que la préservation d’un haut fourneau et d’installations annexes de la sidérurgie est un enjeu, non seulement carolorégien, mais aussi wallon, puisque dans la partie sud du pays, il ne subsiste plus que quatre hauts fourneaux.

Dans cette perspective, il y a lieu de conserver le haut fourneau 4 qui, de ses 80 mètres de hauteur, est un repère dans le paysage carolorégien. Équipé d’un éclairage nocturne comme celui d’Uckange, il deviendrait un symbole fort de toute une région qui a vécu pendant plus d’un siècle au rythme de l’acier. Dans la foulée, d’autres vestiges remarquables pourraient être sauvés de la démolition. Pensons notamment à la centrale électrique de Marchiennes, bâtiment imposant qui domine la route de Mons, ou encore les trois cheminées de l’usine d’agglomération qui se dressent comme des monuments majestueux à la Porte Ouest.

Les arguments avancés par les trois fondateurs n’ont pas manqué de convaincre d’autres personnes qui ont rejoint le comité. Parmi celles-ci, d’anciens ingénieurs de la sidérurgie, dont plusieurs étaient affectés récemment au service des haut fourneaux, des spécialistes défenseurs du patrimoine, ayant déjà une expérience dans ce domaine, des anciens travailleurs de Carsid et de simples citoyens qui se sentent concernés par la mémoire industrielle du Pays Noir. Tous se sont rapidement mis au travail, afin de créer un dossier solide et argumenté, car il faudra plus qu’une simple intention de sauvetage pour convaincre des autorités qui, jusqu’à présent, se sont montrées réticentes à l’idée de conserver ce patrimoine industriel, eu égard  aux coûts. Il s’agira d’apporter la preuve qu’une opération de cette ampleur pourra apporter une plus value à la région de Charleroi, comme ce fut le cas ailleurs. Il sera nécessaire d’envisager autour du projet, un redéploiement économique, culturel, touristique et événementiel

Le comité a déjà enregistré un premier signe encourageant : les autorités communales de Charleroi ont été interpellées par cette initiative et ont décidé de créer une commission d’étude pour la conservation d’un patrimoine sidérurgique. Cette commission se donne jusqu’au mois d’octobre 2014 pour réfléchir à la question et déposer des conclusions. Elle travaillera en liaison avec le comité dont plusieurs de ses membres seront invités à participer aux travaux.

Souhaitons au Groupement citoyen pour la conservation du haut fourneau 4 et des vestiges de la sidérurgie carolorégienne tout le succès qu’il mérite, afin que demeurent à Charleroi, mais aussi en Wallonie, des vestiges remarquables de notre sidérurgie !