Actualités - Le Bêtatron des Usines Henricot en démolition

Publié le 1 avril 2010
ACTE 2 - Mise à jour d'avril 2010

Le site Henricot II à Court-Saint-Etienne

Un appel d’offres va être lancé pour aménager le site Henricot II à Court-Saint-Etienne. Les travaux avancent ; la Dyle est découverte, le Bêtatron a été démoli (voir l’article paru dans une de nos newsletters, « Le Bêtatron des usines Henricot en démolition », par Isabelle Istasse). Il est question actuellement que le collège provincial rachète le « Modelage », bâtiment industriel qui est situé proche du Parc à mitrailles.

Liens :

Un projet pour aménager Henricot II / Laurence Dumonceau (La Libre en ligne du 02 février 2010)

Sauver le Modelage de la démolition / So. De. (La Libre en ligne du 02 février 2010)

Voir aussi...


ACTE 1 - Publié en janvier 2009 par Isabelle Istasse

Les Usines Henricot, réputées pour la fabrication de pièces en acier coulé, ont marqué pendant plus d’un siècle la ville de Court-Saint-Etienne. Aujourd’hui, le site vit une nouvelle étape avec la démolition du bâtiment que l’on nomme Bêtatron, situé sur le site de l’Usine n°2, laissé complètement à l’abandon depuis la fermeture de l’usine en 1984. Cette démolition ira de pair avec la découverte, sur plusieurs centaines de mètres, de la Dyle, et la dépollution du site.

Le 14 janvier 2009, le Ministre Antoine a signé l’arrêté de subvention et la convention concernant les travaux. Une semaine après, les bulldozers étaient sur le site. Cet important chantier devrait se terminer avant la fin de l’année.

Avec ces travaux va disparaître une partie historiquement significative de l’endroit. Certains estiment qu’il était temps, d’autres comme Carine Jacques, fille d’ouvrier, architecte et artiste, n’est pas restée indifférente devant cette démolition du patrimoine stéphanois. Avant l’arrivée des bulldozers, elle a tissé une œuvre éphémère avec des banderoles de chantier, « une sorte de toile d’araignée géante qui représente le lien entre l’histoire industrielle et le patrimoine stéphanois », peut-on lire dans La Libre Belgique (« Un trésor précieux que l’on détruit » par Yannick Natelhoff, dans LaLibre.be, 20 janvier 2009).

L’histoire d’abord1

Si Court-Saint-Etienne a été profondément marquée par ce passé industriel, c’est parce que l’emplacement même de cette bourgade, au confluent de la Thyle et de la Dyle, a entraîné le développement d’usines dès le milieu du 19e siècle. En 1847, s’installe au Moulin Fauconnier, sur les bords de la Thyle, une fonderie pour produits émaillés et une forge pour essieux et bandages. Quelques années plus tard, Emile Henricot prend la direction de l’affaire et en devient propriétaire en 1885. Avec lui commence l’histoire de quatre générations d’une famille qui va régner sur les usines pendant plus de 100 ans.

L’entreprise produit des pièces en fonte d’abord, puis en fer forgé. Vient ensuite la fabrication de pièces en acier coulé.

En 1901, l’usine étant en plein développement, il faut s’étendre. Une seconde usine est alors construite de l’autre côté du chemin de fer. Ce développement permettra de réaliser des pièces de grandes dimensions, comme des cuvelages pour mines de charbon. En 1947, sortira de l’usine le célèbre bathyscaphe d’Auguste Piccard. Pendant plusieurs dizaines d’années, l’entreprise s’étend et réalise de nouveaux investissements. La construction de laboratoires permettra à celle-ci de s’orienter vers la construction de pièces pour l’industrie nucléaire. Dans les années 50, l’usine occupe plus de 26 hectares et compte jusqu’à 2 500 ouvriers qui produisent annuellement 30 000 tonnes d’acier.

Il reste des vestiges du passé…

Depuis la fermeture de l’usine, de nombreux projets ont vu le jour pour la réhabilitation du site. De la première usine, appelée Usine n°1, subsiste un bâtiment ouvert nommé « Hall n°11 », classé en 1995. Ce hall de 280m², construit en 1907, est caractéristique de l’architecture de l’époque, avec sa charpente métallique. L’Usine n°2 a été acquise par la commune. Quelques bâtiments y subsistent : le Foyer populaire, centre de délassement construit en 1913 et occupé aujourd’hui par le Centre culturel du Brabant wallon ainsi que le Dispensaire des usines, construit en 1922, accolé à celui-ci. A l’entrée de l’Usine n°2, se trouve aussi la Conciergerie, érigée en 1908. Les Grands bureaux sont, quant à eux, occupés par une école, le CEFA. Enfin, le Parc à Mitrailles, construit en 1951, est aujourd’hui un hall de 3 200 m² qui, rénové par la Région wallonne, a été réaffecté pour de grandes manifestations à caractère événementiel et culturel (www.parcamitrailles.be).

Le site, déjà grandement réhabilité, fait place aujourd’hui à des logements, des commerces, des lieux culturels, signe qu’un nouvel avenir est en marche. Aurait-il fallu intégrer tout le patrimoine de cette industrie dans ce paysage à renouveler ? Il est trop tard pour se poser cette question. Les décideurs ont estimé que la priorité était ailleurs.

 

Les liens :

Le feu est vert pour Henricot 2 / Christian Sonon (Le Soir en ligne, 19 janvier 2009)

Un trésor précieux que l’on détruit / Yannick Natelhoff (La Libre Belgique, 20 janvier 2009)

Vers la disparition du bêtatron Henricot / Laurence Dumonceau (La Dernière heure, 15 janvier 2009)


1 Les informations proviennent essentiellement de l’asbl Patrimoine stéphanois qui a collecté de nombreuses archives après la fermeture de l’usine (www.patrimoine-stephanois.be). Nous les remercions d’ailleurs pour leur collaboration.